Une fiche client regroupe ce qu’une entreprise sait d’un client : son identité, ses coordonnées, son accord pour recevoir des messages, son historique d’achats et de visites, et quelques informations de contexte qui permettent de lui parler juste. Le fichier client est l’ensemble de ces fiches. Pour un commerce, une fiche utile tient en une quinzaine de champs répartis en quatre blocs. Ce guide détaille ces blocs, propose un exemple de fiche prêt à reprendre, compare les supports possibles et rappelle les règles du RGPD à respecter.
L’essentiel en quatre points :
- Une fiche client décrit un client ; le fichier client rassemble toutes les fiches.
- Une fiche se construit autour de quatre blocs : identité et coordonnées, consentement, historique, contexte.
- Le support compte moins que la mise à jour : une fiche papier ou un tableur décrochent dès que les données arrivent de plusieurs sources (caisse, fidélité, jeu-concours).
- Le RGPD impose de ne collecter que le nécessaire, de fixer une durée de conservation et de rester factuel dans les commentaires.
Qu’est-ce qu’une fiche client ?
Définition
La fiche client est l’unité de base de la connaissance client. Elle réunit, pour une personne donnée, les informations qui permettent de l’identifier, de la contacter et de comprendre sa relation avec votre commerce : depuis quand elle vient, ce qu’elle achète, par quel canal elle accepte d’être contactée. Selon les outils, on parle aussi de fiche contact, de profil client ou de fiche CRM.
Fiche client et fichier client : la différence
Les deux termes sont souvent employés l’un pour l’autre, mais ils ne désignent pas la même chose. La fiche concerne un client ; le fichier client est l’ensemble des fiches, autrement dit votre base de clients. Un fichier de 3 000 contacts contient 3 000 fiches. Sa qualité dépend donc directement de celle de chaque fiche : des champs remplis de la même façon, sans doublon, et à jour.
| Fiche client | Fichier client | |
|---|---|---|
| Ce qu’il décrit | Un client | L’ensemble des clients |
| Usage principal | Accueillir, conseiller, personnaliser un message | Cibler une campagne, analyser, piloter |
| Ce qui fait sa qualité | Des champs complets et exacts | Des fiches homogènes, sans doublon, à jour |
À quoi sert une fiche client dans un commerce
Dans un point de vente, la fiche client sert à quatre choses : reconnaître un habitué et l’accueillir en conséquence, lui adresser des messages qui tiennent compte de ce qu’il a déjà acheté, repérer qu’il ne vient plus avant qu’il ne soit parti pour de bon, et mesurer, à l’échelle du fichier, combien de clients reviennent et d’où viennent les plus fidèles.
Les informations essentielles d’une fiche client
L’identité et les coordonnées
C’est le socle : prénom, nom, adresse e-mail, numéro de mobile. Le code postal suffit le plus souvent à la place de l’adresse complète : il permet de cibler une zone sans stocker une donnée dont vous n’aurez pas l’usage. Ne demandez la date d’anniversaire que si vous comptez vous en servir, par exemple pour une attention ce jour-là.
Le consentement et les préférences de contact
Pour chaque canal (e-mail, SMS, notifications), la fiche doit indiquer si le client a accepté de recevoir des messages commerciaux, à quelle date et par quel moyen. Ce n’est pas un détail administratif : c’est ce qui vous permet de prouver, en cas de réclamation ou de contrôle, que vous aviez le droit de lui écrire. Les conditions d’un consentement valable sont détaillées dans l’article Transformer un passage en boutique en contact qualifié.
L’historique : achats, visites et messages reçus
C’est la partie qui donne sa valeur à la fiche : date de première visite, date du dernier passage, nombre de visites sur la période, catégories ou montants d’achat, campagnes reçues et réactions (clic, désinscription), avis laissés. Sans historique, une fiche n’est qu’une ligne d’annuaire. Avec lui, elle permet de distinguer un client régulier d’un client qui décroche.
Les données de contexte
Quelques champs aident à personnaliser sans en demander trop : l’établissement de rattachement pour un réseau, le canal d’entrée (jeu-concours, carte de fidélité, questionnaire, site internet), les centres d’intérêt déclarés par le client lui-même, la langue de contact dans une zone frontalière. Chaque champ doit répondre à une question simple : à quelle action servira-t-il ?
Ce qu’il ne faut pas y mettre
Pas de données sensibles au sens du RGPD (santé, opinions politiques, convictions religieuses, etc.) sans consentement exprès, pas d’appréciation personnelle sur le client, pas d’information que vous ne sauriez justifier s’il demandait à lire sa fiche. Un champ « remarques » mal tenu est la première source de problème ; les règles à suivre sont détaillées plus bas.
Exemple de fiche client pour un commerce
Le modèle, champ par champ
Le modèle ci-dessous convient à la plupart des commerces et des lieux de vie. Les champs « essentiels » suffisent pour démarrer ; les autres se complètent au fil des visites.
| Bloc | Champ | Exemple | Priorité |
|---|---|---|---|
| Identité | Prénom, nom | Camille Martin | Essentiel |
| Coordonnées | camille.martin@exemple.fr | Essentiel | |
| Coordonnées | Mobile | 06 00 00 00 00 | Essentiel |
| Coordonnées | Code postal | 57000 | Utile |
| Consentement | E-mail commercial | Oui, le 12/03/2026, en caisse | Essentiel |
| Consentement | SMS commercial | Oui, le 12/03/2026, en caisse | Essentiel |
| Historique | Première visite | 12/03/2026 | Essentiel |
| Historique | Dernier passage | 18/10/2026 | Essentiel |
| Historique | Visites sur les 12 derniers mois | 9 | Utile |
| Historique | Catégories achetées | Prêt-à-porter femme, accessoires | Utile |
| Historique | Dernière campagne cliquée | Soldes d’été, 02/07/2026 | Utile |
| Contexte | Établissement de rattachement | Magasin de Metz | Essentiel en réseau |
| Contexte | Canal d’entrée | Jeu-concours de printemps | Utile |
| Contexte | Anniversaire | 14 juin | Facultatif |
| Contexte | Centres d’intérêt déclarés | Nouveautés, ventes privées | Facultatif |
Comment lire cet exemple
En quelques secondes, cette fiche dit l’essentiel : Camille est une cliente régulière, entrée par un jeu-concours, qui accepte les e-mails et les SMS et qui réagit aux opérations commerciales. Elle relève d’un message sur les nouveautés, pas d’une relance du type « vous nous manquez ». Si son dernier passage remontait à cinq mois, la lecture serait inverse. C’est tout l’intérêt de l’historique : un même client n’appelle pas le même message selon sa situation.
Adapter le modèle à votre activité
Les quatre blocs restent les mêmes ; seuls quelques champs changent. Un restaurant notera plutôt le service fréquenté (midi ou soir) et la taille habituelle de la table. Un institut de beauté ou un salon de coiffure, la prestation réalisée et la date du prochain rendez-vous. Un parc de loisirs, la composition du groupe (en famille, entre amis) et la saison de visite. Un centre commercial, l’animation ou l’opération qui a motivé l’inscription. Une règle vaut pour tous : un champ ajouté doit servir une action précise, sinon il ne sera jamais rempli.
Créer une fiche client : papier, Excel ou logiciel ?
La fiche papier ou le carnet
La fiche cartonnée reste courante dans les métiers de prestation (coiffure, esthétique, onglerie), où l’on note le détail d’un soin d’une visite à l’autre. Elle suffit pour se souvenir d’un client en face de soi, mais ne permet ni de trier, ni d’envoyer un message, ni de compter qui revient.
Le tableur Excel ou Google Sheets
Un fichier client sur Excel est la solution la plus répandue pour démarrer : une ligne par client, une colonne par champ, des filtres pour trier. Ses limites apparaissent vite. Le fichier se met à jour à la main, les doublons s’accumulent (la même cliente saisie avec deux adresses), plusieurs versions circulent entre la boutique et le siège, et chaque désinscription doit être reportée une à une. Un tableur reste un bon outil de saisie ; c’est un mauvais outil de pilotage.
Le logiciel de gestion de la relation client
Un logiciel de gestion de la relation client, ou CRM, crée et complète les fiches à partir des sources qui lui sont connectées : caisse, carte de fidélité, formulaires, jeux-concours, campagnes. La fiche se met à jour à chaque interaction et permet d’agir directement, en ajoutant le client à un segment ou en lui envoyant un message. Le fonctionnement d’un CRM est détaillé dans notre guide CRM : définition, fonctionnement et exemple en boutique.
Les trois solutions comparées
| Papier | Tableur | Logiciel (CRM) | |
|---|---|---|---|
| Coût de départ | Nul | Nul | Abonnement |
| Mise à jour | Manuelle | Manuelle | Automatique, à chaque interaction |
| Tri et ciblage | Impossible | Possible, à la main | Segments mis à jour en continu |
| Envoi de messages | Non | Après export vers un autre outil | Depuis l’outil |
| Partage entre établissements | Non | Plusieurs versions en circulation | Base commune |
| Preuve du consentement | Difficile | Possible si la colonne est tenue | Enregistrée à la collecte |
Constituer et tenir à jour son fichier client
Collecter au bon moment
Le meilleur moment pour créer une fiche, c’est pendant la visite : au passage en caisse, à l’inscription au programme de fidélité, lors d’un jeu-concours ou d’un questionnaire de satisfaction. Les mécaniques de collecte les plus efficaces sont comparées dans l’article Quels canaux de collecte convertissent le mieux ?
Demander peu, puis compléter
Un formulaire de quinze champs fait fuir. Demandez le minimum (prénom, e-mail ou mobile, consentement), puis complétez la fiche au fil des visites. L’historique se construit seul si vos outils sont connectés, et un client indique plus volontiers ses préférences à la troisième visite qu’à la première.
Éviter les doublons
Un même client présent deux fois fausse vos chiffres et reçoit chaque message en double. Choisissez une clé unique (l’adresse e-mail ou le numéro de mobile), harmonisez les formats dès la saisie (majuscules, indicatif, espaces) et fusionnez les doublons dès qu’ils apparaissent.
Nettoyer régulièrement
Au moins une fois par trimestre, repérez les adresses erronées, les numéros invalides et les contacts inactifs depuis longtemps. Ces derniers peuvent recevoir une dernière relance avant d’être archivés ou supprimés, dans le respect des durées de conservation présentées ci-dessous. Les indicateurs utiles à ce suivi sont détaillés dans l’article 5 indicateurs clés pour piloter sa base clients.
Fiche client et RGPD : les règles à respecter
Ne collecter que le nécessaire
Le RGPD pose un principe de minimisation : les données collectées doivent être adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard de la finalité poursuivie. Concrètement, chaque champ de la fiche doit correspondre à un usage annoncé au client au moment de la collecte.
Fixer une durée de conservation
Selon la CNIL, les données d’un client utilisées pour la prospection peuvent être conservées pendant toute la relation commerciale, puis trois ans à compter de sa fin. Pour un prospect qui n’a jamais acheté, le délai est de trois ans à compter de la collecte ou de son dernier contact. Passé ce délai, vous pouvez lui demander s’il souhaite continuer à recevoir vos messages ; sans réponse positive et explicite, ses données doivent être supprimées ou archivées.
Rester factuel dans les commentaires
Les zones de commentaires libres ne sont pas interdites, mais la CNIL rappelle que leur contenu doit rester « adéquat, pertinent et non excessif » : pas d’appréciation subjective, pas de donnée de santé, pas de motif personnel inutile. « Échange difficile en caisse » est acceptable ; un jugement sur la personne ne l’est pas. Le client peut demander à consulter sa fiche, commentaires compris. Quand c’est possible, préférez des listes de choix aux champs libres.
Respecter les droits des clients
Chaque client peut accéder à sa fiche, la faire rectifier, s’opposer à la prospection ou demander l’effacement de ses données. Une désinscription doit être prise en compte quel que soit l’outil qui envoie les messages : c’est l’une des raisons pour lesquelles un fichier unique vaut mieux que plusieurs listes séparées.
Votre fichier client avec All in Box
Une fiche qui se complète à chaque interaction
All in Box, plateforme marketing française créée en 2018, réunit les contacts dans une base de données clients unique, alimentée par vos outils existants, la carte de fidélité dématérialisée, les jeux-concours et les questionnaires de satisfaction. Chaque fiche garde son établissement de rattachement et son canal d’entrée, puis s’enrichit des passages et des campagnes reçues, sans ressaisie. Si vous partez d’un fichier Excel, un coach marketing dédié, basé en France, vous accompagne pour l’importer et le remettre au propre.
Du fichier à l’action
Les fiches servent ensuite directement. Un segment se construit sur la zone, le comportement d’achat ou la date du dernier passage, se met à jour chaque jour et reçoit son e-mail ou son SMS depuis le même écran. Eden, l’agent IA marketing d’All in Box, repère dans vos fiches les clients à relancer et vous propose les actions à mener ; vous validez avant tout envoi. La solution est sans engagement, avec les trois premiers mois offerts.



